Samedi 29 novembre.
Une rupture, c'est bien.
Les mauvais côtés d'une rupture, on les connaît, la sensation de vide, la tenace absence de l'autre, à qui on a envie de parler tout le temps… on connaît, c'est horrible.
Mais… au bout d'un moment, une agréable sensation d'air frais arrive, et puis un tas de petites choses réjouissantes font irruption dans le nouveau quotidien. Alors j'ai envie de dire :
Une rupture c'est bien, parce que :
1- On dort dans un duvet sur le canapé du gentil pote qui vous héberge, ça fait camping, ça fait vacances, ça fait aventure! Et ça, c'est bon. (en l'occurence mon gentil pote a carrément mis une pièce à ma disposition, et, je vous l'accorde, ça aide.)
2- On peut lire des Harlequins. Je peux expliquer. D'abord mes livres sont dans des cartons, et puis j'ai une copine qui travaille pour eux, alors quand on n'a pas le moral, elle en distribue à qui de droit. Donc oui, j'avoue!!! J'ai lu un Harlequin, collection Passion s'il vous plaît (c'est-à-dire la collection érotique. Elle m'a dit : “tiens, lis ça, ça va te faire du bien”… bon bon, je ne croyais pas mon cas si désespéré…). Une merveilleuse histoire où on sait dès le début que la fille va finir avec le bonhomme même si pendant un moment elle fait semblant de résister, et ça, c'est très rassurant. Le tout agrémenté de passages torrides, à la limite de la décence, le marquis de Sade en rougirait (hihihi! ben non c'est pas vrai! c'est très comme il faut, même ma mamie pourrait les lire). Bon, à parcourir de préférence avec un auditoire averti pour se poiler un bon coup. Je vous en livrerais presque un extrait si je ne craignais pas la concurrence.
3- On peut découvrir sa vraie nature sur Meetic. Du genre quand je vois un pseudo “milliardaireseul”, je clique dessus direct. Bon bah j'ai fait ça, c'était juste pour rigoler, pour voir! Mais quand même… je m'interroge.
4- On peut se frotter à l'inconnu assis à côté de soi à un concert (j'ai essayé cette semaine!), et ce sans ressentir de culpabilité. Vous me direz… un soupçon de culpabilité augmente parfois l'excitation, il est vrai, il est vrai… enfin, en tous cas, on peut le faire sans crainte d'être prise en flagrant délit! Même si, c'est vrai, le danger peut aussi être très excitant… j'ai rencontré il y a longtemps un homme qui me disait s'être beaucoup amusé un jour, au cinéma, à caresser la jambe d'une fille qui était assise juste à côté de son mec… j'avoue que là ça dépasse mon sens moral. Mais après tout? Si elle était consentante? (Ou s'il racontait juste des bobards?)
Là s'arrête ma liste pour l'instant : je ne peux pas être que de mauvaise foi.
Par contre, si le coeur vous en dit, ça m'amuserait assez de lire votre “top five” de pourquoi ”une rupture, c'est bien”!
Jeudi 27 novembre
Des frissons!!
Lundi soir, concert de Thomas Fersen aux Folies bergères. J'aime beaucoup Thomas Fersen, il était juste incroyable avec sa robe blanche et son chapeau haut-de-forme, mais, pardon aux fans, ce n'est pas de lui que je vais vous parler. Non, le plus intéressant est dans la salle.
Je suis installée à côté d'un jeune homme dont je n'ai pas bien regardé le visage en m'asseyant, timidité oblige.
Le concert commence, je suis ravie, merci à ma copine Fan qui m'a eu une place gratos. C'est vrai, la musique, ça te transporte, ça te prend aux tripes, ça te fait presque oublier que tu es triste. En deux minutes, j'ai le sourire aux lèvres.
Mais que ces fauteuils sont étroits! J'échange des sourires complices avec ma voisine de droite, qui est absolument légère et avenante, je me dis que j'aimerais bien avoir cette aisance, tandis que je sens du côté de mon voisin de gauche une sorte d'attirance incontrôlable, magnétique.
Je me concentre sur le concert. Du moins j'essaie. Je perçois les mouvements de mon voisin, tout mon corps est aspiré par les ondes qui occupent l'espace entre nos deux épaules. J'essaie d'avoir l'air naturel et détaché, les yeux rivés vers la scène, j'ai mal aux igomatiques tellement je souris, je me tortille sur mon siège, je suis encombrée avec mon sac, mon manteau et mes trois pulls sur mes genoux (dehors il faisait moins quinze!), j'ai du mal à respirer.
Au bout d'une ou deux chansons, je me décale légèrement sur mon accoudoir de gauche (celui de mon voisin), nos bras se touchent… Une vague de chaleur envahit tout mon corps. C'est aussi torride que s'il m'avait prise sauvagement dans les coulisses. Et même plus encore ! Je profite un peu du contact, il ne bouge pas, puis je m'éloigne. Doser l'approche et la distance.
Le concert continue (ah oui c'est vrai, il y a un concert!). Nous nous frôlons, il appuie sa jambe contre la mienne, son épaule contre la mienne, je suis obligée de faire des efforts pour respirer moins profondément. Je m'imagine déjà écrire mon numéro de téléphone sur mon billet d'entrée, le retrouver pour une aventure passagère mais agréable, et je suis ivre de ce vent de nouveauté et d'aventure.
Nous nous accordons une pause: nous nous éloignons. Je pense à François, et je me dis que la vie va bien vite. Il y a un mois, j'étais folle amoureuse de lui, et voilà qu'un inconnu me met dans tous mes états. Ca me soulage, et puis ça me fait un peu mal aussi. Mais n'y pensons pas.
Nous voilà à nouveau l'un contre l'autre, avec mon voisin. La fin du concert approche. Je croyais que toute ma libido s'était éteinte ces dernières semaines, je suis bien obligée de constater que non… Je suis tout entière dans mon bras collé à son bras, mon corps entier vibre de cette simple pression, je suis au bord de défaillir tant le désir est fort.
Les applaudissements sont nourris, ça se finit en standing ovation. Il serait temps tout de même que nous échangions un regard…! Je me lève, et en profite pour regarder plus attentivement son visage….
Mon dieu! Il a l'air d'avoir à peine vingt ans! Et surtout, ben, est-ce qu'il me plaît vraiment? …
En fait, je n'ai pas l'occasion de le regarder plus longtemps, car il s'en va sans attendre la fin du rappel. Sans me regarder. Timidité? Ou peut-être que finalement je ne lui plais pas tant que ça non plus…
Pendant quelques instants, je m'en fous. J'écoute avec plaisir la dernière chanson, sans plus aucune tension.
Et puis soudain son siège vide me renvoie la réalité toute crue. Non, évidemment non je n'ai pas oublié François, et je ne l'oublierai certainement pas d'un claquement de doigt.
Enfin, c'était bien agréable tout de même, alors merci, cher inconnu, pour ces sensations très fortes.
La vie revient, par petites touches.
Dimanche 23 novembre
Dur, dur…
Samedi soir, je me suis invitée au concert de François, puisqu’il faut le nommer, mon ancien amour. C’était la première fois que je le revoyais depuis notre séparation. J’avais longuement tergiversé: j’y vais, j’y vais pas? Comme je l’avais appelé mercredi pour lui dire que je viendrais, c’est assez fière de moi et de mon courage que finalement je grimpe dans ma voiture, décidant d’aller jusqu’au bout de mon envie, ou du moins de mon engagement.
Parmi les multiples raisons qui me faisaient hésiter: que vont penser ses amis à me voir ainsi débarquer? Qu’est-ce que ça va me faire de le voir? Peur de souffrir, peur du jugement des autres, autant de paramètres que je veux éliminer de mes actes. Donc j’y vais.
Le concert est génial, pas beaucoup de monde, mais très bonne ambiance. Je le vois sur scène. Cet homme avec qui je vivais encore il y a un mois me paraît déjà un étranger. Il est beau. Il a une aura sur scène que je connais bien, et qui me plaît toujours autant.
Je vois ses amis, ils sont contents de me voir. D’après la manageuse du groupe, “tout le monde m’aime beaucoup”, pourquoi me suis-je autant pris la tête sur ce qu’ils pouvaient penser?…
Je le vois lui. Il m’embrasse sur la joue, on ne se parle presque pas. Normal, vu le contexte. Vient le moment de se dire au revoir. On est dans le hall de la MJC, lumière néon, il m’embrasse à nouveau sur la joue, je l’embrasse à mon tour, fais glisser mon bras le long du sien, et lorsque ma main frôle la sienne, je me détourne, retire ma main, et pars sans un regard.
Dans la voiture, avec Aline, la manageuse, on discute. Ca me fait du bien de discuter avec elle. Elle me raconte la rupture difficile qu’elle a vécue il y a quelques mois. Elle me dit qu’elle aimerait qu’on continue à se voir.
Je dois l’avouer, j’avais eu des accès de jalousie à son égard. En parlant avec elle, je constate que très vraissemblablement mes inquiétudes n’étaient pas fondées. Je me dis que j’ai été stupide, au moment où tout allait bien, de me prendre la tête pour rien au lieu de profiter de mon bonheur. La jalousie n’apporte rien, si ce n’est de la souffrance.
Le lendemain, je suis mal. A cause de ce nouvel accès de fierté que j’ai eu dans le hall, j’ai refusé, en partant sans me retourner, j’ai refusé l’émotion qui montait, et me suis finalement montrée encore plus faible que si j’avais assumé ce que je ressentais alors.
J’envoie un message à François. Je sais bien que des mots ne peuvent jamais remplacer des actes. Mais je lui écris quand même que j’aurais voulu garder sa main dans la mienne, le regarder, lui sourire, lui donner un peu de l’émotion qui montait en moi. Il me répond: “C’est bien que tu sois venue, j’étais content de te voir, j’ai bien senti l’émotion. Prends soin de toi, je t’embrasse”.
Ce message ne me fait même pas plaisir. Je sais que de son côté il a fait beaucoup de chemin. Je sais que nous évoluons maintenant dans des sphères coupées l’une de l’autre.
Il faut maintenant que je me retrouve, moi, dans la mienne.
Jeudi 20 novembre 2008
La visite d'un fantôme.
J'ai évoqué il y a quelques jours un “affreux” qui m'avait fait bien souffrir il y a quelques années (j'ai d'ailleurs, pour exprimer cette souffrance, utilisé la très élégante expression “il m'a ratiboisé la gueule”, je vous prie de bien vouloir excuser cet excès de grossièreté qui malheureusement me caractérise parfois…). Eh bien l'autre jour, je trouve dans mes mails un message dudit Robin! Qui, avec beaucoup de simplicité me demande la permission de me demander des nouvelles.
Le choc. Autant dire que la séparation avec lui, au terme d'une relation très passionnelle, avait été catastrophique et m'avait envoyée goûter les délices de la psychothérapie… alors, ça me fait un peu drôle.
Battement de coeur. Réaliste que je suis, je me dis : “un come-back?” Il veut me séduire à nouveau? Et, insensiblement, tout en me disant que ce serait un peu tôt pour me lancer dans une nouvelle histoire, je me surprends à imaginer les retrouvailles dans un café parisien, à se dire tout le bien qu'on pense l'un de l'autre après s'être fait tant de mal.
Je réponds. Le plus sobrement possible, je lui raconte les événements récents, petit clin d'oeil sur le fait que, il y a à peine un mois, j'habitais avec mon ancien amour à deux rues de la maison où on s'était vus pour la dernière fois, et je lui demande, à mon tour, des nouvelles. Avec un drôle de pressentiment…
Sa réponse ne se fait pas attendre. Il file le parfait amour avec sa copine, avec laquelle il vit dans le Sud depuis trois ans, et avec qui il a eu un petit garçon adorable.
Oui ben, de toutes façons, j'étais pas prête pour me lancer dans une nouvelle histoire.
J'ai pleuré. C'est dur à avouer, mais son bonheur me renvoyait en pleine face ma déception et mes interrogations du moment.
Et puis c'est passé. Je suis heureuse pour lui, heureuse de trouver par cet échange de nouvelles une forme d'appaisement ultime à ce qui avait été une blessure profonde, une réconciliation en quelque sorte. Même quatre ans plus tard, même quand la douleur n'est plus là, ça fait du bien.
Ca me donne espoir aussi. Je ne saurais pas dire pourquoi ni en quoi, mais de l'espoir.
Lundi 17 novembre.
De l'intuition, il paraît?
Ces derniers jours ont été difficiles. Je pense sans arrêt à mon ancien amour, la séparation s'est passée si brutalement. Du jour au lendemain, à partir du moment où il m'a dit qu'il ne m'aimait plus, je suis partie, le déménagement s'est fait en une semaine, et me voilà, en stand-by, à réaliser que peut-être j'ai agi trop précipitamment.
Qu'est-ce qui m'a poussée à déserter sa vie? Un accès de fierté : je me suis dit “il ne veut plus de moi? Très bien, je dégage.” Et je comprends qu'au fond de moi à ce moment-là je devais espérer que ça le ferait réagir, qu'il me demanderait de revenir.
Mais rien. Aujourd'hui, je me dis que je lui ai surtout facilité la tâche, et que maintenant il n'a plus de questions à se poser, vu que je l'ai débarrassé de ma présence…
Il faut que je m'habitue à l'idée que ce ne sera pas lui. Et les souvenirs m'envahissent, tout le temps, dès que j'ai le dos tourné hop, ils arrivent en raffale pour me rappeler que trois semaines avant la séparation tout allait bien, et pour me plonger dans l'incompréhension la plus complète.
Enfin c'est comme ça, les sentiments. Ca va, ça vient, et les miens, je ne sais plus où ils sont.
Je sais que la vie est longue encore, que j'ai encore des tas de choses à découvrir.
Mais se dire qu'on peut tirer un trait sur deux ans d'amour comme ça, en un clin d'oeil, ça me fait mal. Et c'est moi qui ai provoqué ça. C'est moi qui suis partie, même pas en claquant la porte, même pas en lui disant que putain j'avais envie de rester.
Eh ben c'est une drôle de sensation, mais j'ai espoir, au fond de moi. Je me dis que si c'est comme ça, c'est bien qu'il y avait une raison. Tout à l'heure, j'ai eu un ami au téléphone qui m'a dit que j'étais “intuitive”. C'était la première fois qu'on me disait ça.
Je constate que s'il m'arrive en effet d'avoir des intuitions, en général je ne m'y fie pas… Par exemple il y a un an, mon ancien amour voulait avoir un enfant avec moi. Moi aussi j'en avais envie, mais j'ai dit “pas maintenant”, et au fond de moi une voix me disait “tu vas regretter de ne pas suivre ton envie, il n'y a pas de bon moment pour ces choses-là…” Gagné! Je regrette, je regrette amèrement. Ou encore il y a deux semaines, quand je passais ce coup de fil post-rupture, une voix me disait: “non, ne fais pas ça, tu n'en as ni envie ni besoin…” J'ai mis dix jours à m'en remettre…
Voilà. Alors peut-être qu'il serait temps d'apprendre à leur faire confiance, à mes petites voix… à cette intuition paraît-il si féminine…
Vendredi 14 novembre 2008
Voyance et aventures de vacances.
Après mon article d'hier des questions m'ont assaillie et maintenue éveillée bien trop tard rapport à l'heure à laquelle je devais me lever ce matin.
La “win” comme je l'appelais en rigolant, la chance quoi, faut la provoquer, mais des fois faut se méfier des lubies du sort. Ce que je ne vous ai pas raconté par exemple, c'est que cet article, avant d'être publié, a disparu suite à un bug informatique dans le vide intercybéral. Et bien sûr, je ne l'avais pas sauvegardé… Alors pas question de me laisser démonter par un stupide ordinateur, je me remets à l'ouvrage, mais je peux pas m'empêcher de me dire que ce titre triomphant avait peut-être donné envie à la win de me jouer un petit tour, juste pour rire…
Bref. Je me suis souvenue alors d'un été passé en Bretagne il y a quelques années. Qui connaît la Bretagne sait à quel point le taux d'alcoolémie a tendance à grimper dès qu'on franchit sa frontière à Nantes (rien que pour le plaisir de la querelle Nantes: Bretagne ou pas Bretagne?). Ainsi, je m'étais retrouvée à une soirée de promo pour le Ricard, on avait picolé sec, et dans le bar, la marque proposait pour qui le souhaitait une petite séance de voyance avec une femme vêtue de grandes jupes et de grands châles, l'air mystérieux derrière ses lourds cheveux sombres et ses boucles d'oreilles tintinolantes (…?).
Bien sûr, j'ai envie d'essayer. J'avoue que je ne me souviens pas si elle lisait les lignes de la main ou si elle tirait les cartes (trop d'alcool, je vous dis!). Elle me dit deux trois trucs qui me sortent de la tête, mais elle conclut sur ces mystérieuses paroles: “Vous aurez un pic de chance à 31 ans”.
Super. A l'époque j'ai 24 ans, ça me fait une belle jambe…
Le plus marrant, c'est, alors qu'on traînait devant le bar après la soirée, de voir notre authentique voyante sortir de son antre vêtue de jean de la tête au pied. Alors quoi, on m'aurait menti? Elle est pas habillée en diseuse de bonne aventure toute la journée? C'est pas une vraie? (Si quelqu'un a des infos sur le Père Noël…)
Aujourd'hui j'ai 28 ans. Plus que trois ans. Alors, je sais bien que c'est des conneries, tout ça, mais… si c'est vraiment des conneries, je vais faire comment sans mon pic de chance à 31 ans? Il se peut qu'il arrive avant? C'est bien ce que je m'étais dit lorsque j'ai rencontré celui dont la seule évocation me déchire le coeur aujourd'hui. Mais maintenant qu'il est parti…?
Enfin, ce fameux été 2004 fut prospère. J'ai rencontré d'abord Jules, un surfeur (ouais…), qui m'avait entraînée sur la plage à la sortie de la boîte de nuit, il m'avait dit des choses romantiques sur les vagues, tout ça, c'était léger, et après on avait fait l'amour sur le sable (glamour le sable sur les fesses!).
Après, il y a eu Gaël, qui m'a fait voyager dans son traffic aménagé par ses soins en tanière mobile douillette, ça avait un petit parfum d'aventure, c'était délicieux. La rencontre m'avait en quelque sorte échappé : j'étais à un concert dans un bar avec ma copine Fan, et en allant aux toilettes, j'avais rentontré Clément, charmant jeune homme, qui se tenait à l'écart du concert. Il me dit qu'il a des accouphènes et que le bruit lui torture la tête. On parle, il me présente son pote, on décide de se retrouver le lendemain soir. Donc le plan d'attaque c'est : moi - Clément, Fan - le pote. Et puis la soirée passant, insensiblement, les tendances se sont inversées, et voilà comment je me suis retrouvée à faire des câlins avec Gaël sur le port, tandis que Fan s'occupait des accouphènes de Clément.
Enfin, il y a eu Knut. Vu son physique, blond aux yeux bleux, et son prénom aux consonnances étranges, je croyais être tombée sur un bel inconnu venu du Nord… eh ben pas du tout. Knut n'était qu'un surnom dérivé je ne sais comment de Loïc, il était breton pur jus!
Knut (oui c'est un pseudo-surnom, mais alors comment dire, l'ai-je bien choisi? j'ai du mal à garder mon sérieux…) Knut a été formidable. Car toutes ces histoires devaient me faire oublier un affreux affreux qui m'avait ratiboisé la gueule, et chacune de ces rencontres a été un baume pour mon coeur. Knut m'a chouchoutée, dorlotée, et où qu'il soit aujourd'hui je l'en remercie.
Et tout ça pour dire quoi au fait? Ben la win, ça va ça vient. Aujourd'hui par exemple, mon acte manqué en rentrant du boulot en voiture, me tromper de chemin et me retrouver dans la ville tant aimée où je vivais encore il ya trois semaines… c'est pas trop de la win.
Et puis en fait on s'en fout de la win, ça veut rien dire. Mais on est humains putain, on a juste besoin d'être rassurés, c'est tout.
La win is back!
La win is back!
Je ne sais pas si ça va durer, mais l'autre jour un vent de win a soufflé sur ma journée, et franchement, ça fait du bien.
Pourtant j'avais commencé en mode loque, en pyjama jusqu'à 14 heures à fumer sur mon canapé et à regarder des merdes à la télé (j'avais oublié comme il est agréable de se laisser aspirer par l'univers réconfortant des séries où les personnages deviennent vos amis et vous font oublier que le monde continue à tourner sans vous pendant ce temps…).
J'y serais probablement encore si je n'avais eu un rendez-vous à 15h30 dans Paris, avec euh… ben ma psy. (glamour et mystérieuse, toujours.)
Déjà, il se passe un truc pas normal. Je suis sur le chemin du métro, un mec me regarde et se met à me parler… en arabe malheureusement donc je ne comprends pas ce qu'il dit (c'est un truc qui m'arrive fréquemment, les gens me prennent souvent pour une maghrébine alors que pas du tout, à tel point que pendant un moment je me suis dit que je devrais apprendre la langue pour coller au rôle), mais au vu du sourire qu'il me fait, j'en déduis que ce sont peut-être des compliments.
Et là je me dis, je vous jure que je me dis “oh! the magic is back!”. Me demandez pas d'où ça sort, c'est déjà assez embarrassant comme ça de l'avouer.
Bref, j'arrive en avance à mon rendez-vous. Etant donnée ma situation (séparation), je camperais devant le cabinet s'il ne me restait un semblant de dignité et si je n'avais pas si froid aux orteils la nuit.
Donc je vais prendre un petit verre en terrasse en attendant. C'est alors que le serveur, venu me rendre la monnaie, me dit: “Mademoiselle, je peux vous faire une petite remarque?” Et là il me sort un compliment tout gentil qui me fait trop de bien, je l'embrasserais presque tellement ça tombe à point nommé. Je le remercie du fond du coeur et me lève pour aller à mon rendez-vous. En chemin, j'ai un sourire d'une oreille à l'autre, et je me dis que quand même, c'est beau la vie même si ça fait chier des fois.
Je suis presque arrivée, lorsque j'entends, dans mon dos: “Mademoiselle!”. Je me retourne: mon serveur! Qui me dit qu'il aimerait bien me connaître mieux. Moi: “Vous savez, je ne suis vraiment pas en bon état en ce moment!” Lui: “C'est pas grave, je vous prends comme vous êtes!” Je chasse de ma tête le double-sens grivois de sa si gentille réplique, on échange nos numéros, et je file.
En sortant, une heure plus tard, il m'a déjà laissé deux messages. C'est un rapide… Tant pis. Il me rappelle le soir, je lui explique un peu mieux ma situation, lui dis que je ne suis vraiment pas fiable en ce moment, il est compréhensif et doux. Dommage qu'il ne me plaise pas plus que ça, mais ça me fait du bien.
Tout ceci pour contrecarrer une théorie élaborée la veille chez une copine qui me proposait d'aller avec elle “en chasse”, quand on est dans une période de merde comme ça, on n'attire que des loosemans.
Eh ben non, on tombe aussi sur des gentils.
Ou peut-être que je ne suis pas dans une situation si merdique que je le crois.
La win is back.
Vendredi 7 novembre 2008.
Mon amant a une maîtresse.
A part ma vraie vie, j'ai envie de vous faire partager quelques petits textes écrits sans aucun souci de vérité, juste pour m'amuser. Alors voilà un petit slam, pour s'amuser, donc.
Un homme que j’aime à rencontrer
Après une certaine heure
Pour des échanges rapprochés
A acquis en mon absence
Une incroyable dextérité.
Je ne sais quelle nymphe l’a invité au jeu
Quelle muse lui a fait la leçon,
C’était peut-être ici-même dans ce salon
Où il me cueille un soir sur deux?
Enfin quelle qu’elle soit, où qu’elle soit,
Je veux lui dire merci merci!
J’ai connu le septième ciel, la neuvième porte, les 36 chandelles,
Les mille et une nuits en une seule, et en une seule nuit toute une semaine,
Nuit commencée le lundi à minuit, finie le dimanche hors d’haleine,
Le dimanche à 11 heures, tout pile pour la messe
Où à peine sortie du lit, j’ai couru d’un trait
Pour dire au bon dieu « Merci ! merci ! de lui avoir envoyé une maîtresse ! ».
J’ai découvert des nouveaux mondes,
Des forêts denses et des chemins,
Les mystères de la table ronde,
Les souterrains secrets des labyrinthes.
Ah, tu passes par là ? tu crois que c’est possible ?
Il suffit de caresser là et par derrière c’est accessible…
Découvrir des coins de soi dont on ignorait l’existence !
Découvrir qu’on n’aurait pas cinq, ou six, mais dix mille sens !
Encore une fois je dis merci
A l’enjôleuse qui l’a initié,
Et je lui recommande à lui
De ne pas dormir sur ses lauriers :
Maintenant que je goûte en égoïste
Les délices de son talent nouveau
Je ressens les limites de mes propres compétences,
Or je suis perfectionniste…
Et m’offrirai sans doute pour mes prochaines vacances,
Un stage bien encadré de remise à niveau.
Jeudi 6 novembre 2008.
Vive la nouveauté!
Bon, aujourd'hui ça va un peu mieux. Mais j'ai remarqué que ça va bien surtout quand je cogite pas trop. Et pour ça, rien de tel que la nouveauté.
Je m'explique. Hier matin, me suis pointée sur mon nouveau lieu de travail, et une collègue m'a gentiment proposé de passer chez elle le soir pour m'apprendre deux trois trucs rapport au boulot. J'ai donc débarqué le soir-même chez cette femme que je ne connaissais pas encore la veille, et me voilà dans son joli appartement décoré de photos de voyage, à boire une infusion Maroc, à manger des madeleines, et à papoter. En quelques minutes je savais donc qu'elle était divorcée, qu'elle avait deux enfants, dont les photos défilaient en diaporama sur son ordi, et qu'elle appréhendait de voyager seule mais qu'elle se sentait prête à franchir le cap.
J'ai aussi fait la connaissance de Minouche, chat noir au poil brillant qui m'a rappelé que j'ai envie d'aller chez le coiffeur et que peut-être ce serait le moment de m'offrir ce plaisir… Mais surtout, Minouche est en train de devenir aveugle et il n'en semble absolument pas gêné. Il vient se faire caresser (j'ai appris que pour caresser un chat il faut y aller franco, et pas d'abord lui faire sentir sa main pour faire ami-ami, sinon il vous snobe), il saute sur la table, et puis il décide qu'il doit vivre sa vie alors il va prendre l'air de Paris à la fenêtre.
Bref, c'était comme un petit voyage à deux pas de chez moi, et ça m'a fait un bien fou! Il paraît que Trotski a dit qu'on est toujours tout seul lorsqu'on souffre, je suis d'accord avec lui, mais quand même, heureusement que le monde continue de tourner pour nous ramener dans la vie, et qu'il y a comme ça des gens sur notre chemin pour nous ouvrir une petite fenêtre d'espoir.
Hum… peut-être ça fait un peu “la petite maison dans la prairie” tout ça…
Tant pis j'assume. Le réveil n'en était pas moins difficile, mais j'ai ça de plus dans ma besace.
En plus mon gentil colloc m'a mis internet dans ma chambre, ça me donne une furieuse envie de vous raconter toutes ces petites choses qui me font oublier que mon amoureux s'est envolé, et que je l'ai fortement incité à tourner la page.
A bientôt, donc!
Mercredi 5 novembre 2008.
Pour commencer… une bonne petite rupture
Autant préciser tout de suite que je ne l'ai pas choisie, cette rupture. Mais les 10 premiers jours, ça allait bien, je gérais. Une nouvelle dimension s'ouvrait à moi, nouvel appart à chercher, et en attendant petit sqwat pas déplaisant chez un pote, ambiance camping…
Oui mais voilà, c'était trop beau, ce bien-être dans l'adversité.
Un moment de panique, et j'ai définitivement réduit à néant toutes mes chances de voir mon amoureux me revenir. Vous savez, ce fameux coup de fil intempestif : on se dit “n'appelle pas, n'appelle pas, c'est trop récent, laisse-lui le temps de sentir le vide horrible qui s'est installé dans son appartement depuis que tu as repris tes clic-clac et autres affaires “, et puis pouf, on appelle quand même.
Eh oui, c'est ce que j'ai fait. Coup de fil quand même assez raisonnable si on regarde le large éventail de conneries qu'on peut dire dans pareille situation, je n'ai rien dit d'affreux ou d'irréparable, et peut-être qu'il aurait mieux valu finalement, au moins je saurais à quoi m'en tenir!
Mais en un coup de cuillère à pot, je lui avais dévoilé tout ce qui me laissait encore un peu de mystère, à savoir où je vivais en attendant, ce que je faisais, je lui ai dit aussi que j'allais bien (bah, c'était vrai, à ce moment-là!), c'est limite si je ne lui ai pas dit ce que j'avais mangé au dîner, mais heureusement je me suis retenue à temps.
Voilà.
Alors quand même je me pose une question, et je vous la pose aussi, comment se fait-il que parfois dans la vie on fasse des choix qui soient aussi peu dans notre intérêt?
Parce qu'on n'a pas réfléchi avant, allez-vous peut-être dire, et là je ne peux qu'être d'accord avec vous, je n'ai en effet pas pris une minute de réflexion avant de céder à ma pulsion téléphonique.
Bref. La vraie question c'est : comment on fait pour aller mieux quand on se sent trop con d'avoir agi à la légère? Vous avez des techniques, des trucs, une marraine un peu fée qui dénoue toutes les situations?
Bon sinon, la bonne nouvelle, c'est Barak à la tête des Etats-Unis. Mais on en parlera une autre fois.
Bien à vous,
Carmen.